Le 21 octobre prochain, les salles obscures accueilleront un film qui sort résolument des sentiers battus du genre super-héroïque : Clayface. Ce long métrage, centré sur l'un des adversaires les plus monstrueux de Batman, promet une plongée dans l'horreur et le body horror, loin des blockbusters calibrés. Les premières images, dévoilées via une fausse couverture et un teaser, laissent entrevoir une oeuvre ambitieuse, portée par James Watkins (Speak No Evil) et coécrite par Mike Flanagan, maître de l'épouvante contemporaine.
Dans les comics, le personnage de Clayface, ou Gueule d'Argile, a connu plusieurs incarnations. La plus célèbre est celle de Basil Karlo, un acteur défiguré qui sombre dans la folie lorsque son classique est remanié. Mais aussi Matt Hagen, aventurier plongeur dont la structure moléculaire est altérée accidentellement. Le film de James Watkins semble puiser dans ces deux origines : Matt Hagen, interprété par Tom Rhys Harries, voit sa carrière brisée par une attaque violente qui le défigure, avant de recourir à une solution miracle qui tourne au cauchemar. Le teaser montre une ombre terrifiante, un poing transformé en boule à pointe, signature du personnage.
Une approche horrifique pour le DC Universe
Ce film s'inscrit dans la nouvelle stratégie de DC Studios, menée par James Gunn, qui souhaite diversifier les genres et laisser libre cours aux visions d'auteurs. Après le succès de Superman (2025), qui a redonné espoir aux fans, Clayface confirme que l'univers partagé ne se limitera pas aux super-héros classiques. L'horreur psychologique et le body horror, déjà explorés dans des films comme Joker, trouvent ici un terrain d'expression particulièrement fertile.
Le personnage de Clayface est apparu pour la première fois en 1940 dans les pages de Detective Comics 40, sous la plume de Bob Kane et Bill Finger. Depuis, il est devenu un pilier de la galerie de vilains de Batman, apparaissant dans des séries animées cultes des années 1990, des jeux vidéo comme Batman: Arkham City, et même dans Gotham en live-action. Sa capacité à remodeler son corps à volonté en fait un adversaire imprévisible, capable de prendre l'apparence de n'importe qui. Le film promet de mettre en avant cette métamorphose douloureuse, dans une veine viscérale qui rappelle La Mouche de David Cronenberg.
Les premières images montrent un Matt Hagen avant sa transformation, un acteur talentueux mais brisé. Le teaser, très court, laisse deviner une esthétique soignée, entre Vanilla Sky et les cauchemars body horror. La fausse couverture, arborant la mention "Un visage que vous n'oublierez pas", instaure une ambiance inquiétante. On y voit un visage partiellement dissous, comme si la terre glaise prenait vie de manière incontrôlable.
Les origines de Clayface : entre tragédie et folie
Le film semble donc combiner les deux origines majeures de Clayface. D'un côté, le côté "acteur défiguré" de Basil Karlo, qui a marqué les fans grâce à la série animée Batman des années 1990 (doublé par Ron Perlman). De l'autre, la mutation moléculaire de Matt Hagen, qui le transforme en une créature d'argile malléable. Cette hybridation permet d'explorer la perte d'identité, la célébrité corruptrice et la monstruosité intérieure.
Le choix de Tom Rhys Harries, acteur gallois connu pour ses rôles dans White Lines et The Accused, apporte une dimension tragique. Il est entouré de Naomi Ackie (Star Wars : L'Ascension de Skywalker, Whitney Houston: I Wanna Dance with Somebody) et Max Minghella (The Handmaid's Tale, Soulmates). La direction artistique, confiée à James Watkins, promet une réalisation sobre mais efficace, soutenue par des effets pratiques et numériques pour matérialiser la métamorphose.
Le film ne devrait pas être directement lié à The Batman de Matt Reeves, mais plutôt s'inscrire dans le nouveau DC Universe, tout en restant potentiellement indépendant. Cette flexibilité est l'une des clés du plan de James Gunn : chaque film peut avoir sa propre tonalité, son propre public, tout en partageant un même univers. Clayface s'annonce comme un pilier de cette stratégie, à mi-chemin entre le drame psychologique et l'horreur pure.
L'horreur comme nouveau terrain d'expression pour DC
DC Studios n'en est pas à son premier essai dans l'horreur. Le Joker de Todd Phillips (2019) a montré qu'un film de super-vilain sombre et réaliste pouvait cartonner au box-office et remporter des prix. Mais Clayface va encore plus loin en assumant pleinement les codes du genre, avec des séquences de transformation viscérales et une ambiance claustrophobique. Les fans de body horror devraient être servis, d'autant que Mike Flanagan, maître de l'horreur moderne (The Haunting of Hill House, The Midnight Mass), a coécrit le scénario.
La bande-annonce, bien que brève, a déjà suscité un engouement énorme sur les réseaux sociaux. Les plans montrant une ombre difforme, des membres qui s'allongent, et un visage qui se liquéfie, promettent une expérience sensorielle inédite. Le film est attendu pour le 21 octobre 2026, en pleine période d'Halloween, ce qui renforce son positionnement horrifique.
Au-delà de Clayface, le DC Universe prépare d'autres projets audacieux : Supergirl pour le 1er juillet 2026, The Brave and the Bold centré sur Batman et son fils Damian Wayne, et évidemment la suite de Superman (7 juillet 2027). Mais Clayface est le premier test grandeur nature de cette nouvelle philosophie. Si le public répond présent, il ouvre la voie à des films encore plus expérimentaux, comme Swamp Thing ou Doc Fate, qui pourraient eux aussi adopter une approche horrifique.
Les fans de comics et de cinéma d'horreur ont donc rendez-vous en octobre prochain pour découvrir si le pari est tenu. En attendant, les premières images confirment que ce Clayface ne passera pas inaperçu.
Source: AlloCiné News